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Assainissement non collectif pour les maisons isolées

Assainissement collectif ou non collectif ? Lorsque l’on fait construire sa maison, la mise en place d’un système d’assainissement est obligatoire et très réglementée. Si la majorité des maisons sont reliées au système d’assainissement collectif de la ville, dans certains cas, et notamment pour les maisons isolées, il est nécessaire d’installer un système d’assainissement non collectif (ANC). Plusieurs solutions s’offrent alors à vous. Détails et explications.

Traiter les eaux usées d’une maison isolée

Au quotidien, les habitants d’une maison produisent une grande quantité d’eaux usées, que l’on appelle « eaux vannes » (eau des toilettes) et « eaux grises » (eaux ménagères des salles d’eau et de la cuisine notamment).

Afin de ne pas polluer les sols, toute maison, qu’elle soit neuve ou non, doit obligatoirement être reliée à un réseau d’assainissement, qui capte ces eaux usées et les évacue.

Le choix de faire construire une maison sur un terrain isolé contraint généralement à opter pour une solution d’assainissement non collectif, à prévoir dans le permis de construire.

En effet, si votre terrain n’est pas raccordé ou trop éloigné du réseau d’assainissement collectif de votre commune, il vous faudra installer un système autonome. En effet, une mauvaise installation entraîne une pollution des sols et peut engendrer des risques sanitaires importants.

Il existe plusieurs possibilités pour l’assainissement non collectifd’une maison individuelle neuve :

  • la fosse toutes eaux associée à un système d’évacuation des eaux épurées,
  • la microstation d’épuration,
  • la phytoépuration.

Quel que soit le système choisi, l’opération se déroule en plusieurs étapes : la collecte des eaux usées de la maison, le prétraitement, l’épuration.

assainissement non collectif

L’assainissement non collectif est réglementé

Votre constructeur de maisons individuelles travaillera avec un bureau d’études spécialisé, qui vous proposera une ou plusieurs solutions en fonction des caractéristiques de votre terrain (taille, voisinage, pente, nature du sol, etc.) et dans tous les cas conformes aux règles en vigueur dans la commune (renseignements à prendre en mairie).

assainissement non collectifLe Service public pour l’assainissement non collectif (SPANC) encadre les projets et contrôle que les installations sont bien aux normes. En contrepartie, une redevance est demandée pour couvrir les frais d’exploitation du SPANC.

Certains documents sont obligatoires pour la mise en place de votre installation d’assainissement non collectif, mentionnant la topographie du terrain, la perméabilité et la nature du sol ou encore le nombre d’habitants… Toutes ces informations permettent d’identifier les besoins et de respecter la norme NF DTU 64 en vigueur depuis 2012.

La fosse toutes eaux, option la plus répandue

Le système d’assainissement non collectif le plus répandu associe une « fosse toutes eaux » pour le prétraitement et d’un système d’épuration et d’évacuation des eaux filtrées.

Ce système traite toutes les eaux usées du foyer (les eaux vannes et les eaux grises), et remplace celui de la fosse septique, qui n’est plus autorisé dans une maison neuve car celle-ci ne traite que les eaux vannes, ce qui est loin d’être suffisant.

assainissement non collectifLe fosse tout eaux se compose d’une cuve en plastique ou en béton totalement étanche pour éviter tout déperdition dans le sol, et résistante à la pression. Elle est reliée au réseau de canalisations qui collectent les différentes eaux usées de la maison.

La taille de la cuve dépend du nombre de pièces de la maison : pour exemple, il faudra une cuve de 3 m² pour 5 pièces.

En termes d’entretien, la cuve toutes eaux ne doit jamais être remplie au delà de 50% de sa capacité, et il est recommandé de la vider tous les 4 ans.

Prétraitement des eaux usées, première étape

Une fosse toutes eaux est la première étape de l’assainissement des eaux usées de la maison.

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Une fois dans la cuve, les eaux usées se répartissent en fonction de la taille et la densité des matières filtrées : les graisses légères flottent en surface et les matières les plus lourdes forment une boue au fond de la cuve. Certaines matières solides se liquéfient dans l’eau.

L’eau prétraitée passe ensuite à travers un préfiltre, puis est conduite dans la seconde partie du système d’assainissement, où s’opère l’épuration.

L’étape de prétraitement se fait en condition d’anaérobie, c’est à dire en l’absence d’oxygène, il faut donc prévoir un système de ventilation pour évacuer les gaz de fermentation.

Épuration des eaux usées, seconde étape

Après l’étape du prétraitement, l’eau filtrée est purifiée avant d’être rejetée dans la nature, ce qui correspond à la deuxième étape du traitement des eaux usées, l’épuration.

Ce traitement secondaire se fait cette fois-ci en condition d’aérobie, c’est à dire en présence d’oxygène.

L’eau prétraitée et filtrée, débarrassée de ses éléments polluants, est évacuée dans le sol de votre terrain ou une zone d’épandage reconstituée à base de sable. Dans les deux cas, les micro-organismes présents finissent de dégrader le matières organiques non polluantes présentes dans l’eau.

Il existe plusieurs possibilités, qui dépendent en grande partie des caractéristiques de votre terrain.

La microstation d’épuration, traitement tout en un

Comme avec le système de la fosse toutes eaux, une microstation d’épuration fonctionne en plusieurs étapes : le prétraitement, l’épuration et le rejet de l’eau propre.

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Il est possible de mettre en place une grande cuve composée de plusieurs compartiments ou de plusieurs cuves, dans lesquels se déroule le prétraitement.

Dans l’étape de traitement secondaire, des micro-organismes (bactéries) dégradent les éléments polluants restants dans l’eau. Ces bactéries ayant besoin d’oxygène pour vivre, un générateur d’air fonctionne en permanence.

Une fois les eaux usées débarrassées de leurs déchets par les bactéries, elles sont rejetées

  • soit par infiltration directe dans le sol,
  • soit par irrigation de végétaux.

Il est aussi possible dans certains cas de rejeter cette eau dans un cours d’eau, mais avec l’autorisation préalable du SPANC.

La phytoépuration, une solution naturelle et écologique

La phytoépuration, ou épuration par les plantes, est un système d’assainissement non collectif alternatif et écologique, qui utilise la symbiose entre plantes et bactéries pour traiter les eaux usées.

Avec la phytoépuration, il n’est pas nécessaire d’installer une fosse toutes eaux pour assurer le prétraitement des eaux usées (même si cela est envisageable). Ce sont des plantes qui assurent l’épuration en deux étapes :

Des plantes dédiées, souvent des roseaux, forment un filtre vertical pour le prétraitement des eaux usées qui arrivent directement de la maison.

Ensuite, ces eaux prétraitées passent par un second bassin, qui fait office de filtre horizontal cette fois-ci, dans lequel le système racinaire de diverses plantes aquatiques fournit l’oxygène nécessaire aux bactéries pour assurer la transformation de la matière organique en matière minérale. Le nitrate et le phosphate sont également assimilés par ces mêmes bactéries.

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Enfin, pensez à l’entretien

Peu importe le choix que vous faites, il est important d’étudier au préalable la disposition de votre terrain ainsi que l’implication que vous souhaitez avoir.

En effet la phytoépuration nécessite un entretien bien plus régulier mais qui pourra régaler les jardiniers. Même si les autres systèmes demandent moins d’entretien, il faut penser régulièrement à faire vider les cuves.

Tournez-vous vers le SPANC qui est responsable de l’entretien des installations d’assainissement non collectifs.

 

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